11 novembre

La ville de Gagny organise une veillée le mardi 10 novembre à 18 heures, place Foch, devant le monument aux morts.

La cérémonie commémorative de l’armistice du 11 novembre 1918 aura lieu le :
Mercredi 11 novembre 2020, à 10 heures, place Foch.

Pour mémoire, un armistice est un cessez-le-feu. Il engage une négociation politique entre les belligérants. À l’inverse, une capitulation est un arrêt sans condition des combats.

Le Souvenir Français, en lien avec la paroisse de Gagny, vous propose d’assister à une messe dans le lieu de votre choix :

  • Église Sainte-Thérèse, à 8h30, avec un temps de recueillement devant la plaque commémorative se trouvant derrière l’église.
  • Église Saint-Germain, à 11h. Seconde messe.
Plaque se trouvant derrière l’église Sainte-Thérèse

Les conditions sanitaires actuelles ne nous permettent malheureusement pas de vous offrir le verre de l’amitié à cette occasion.

Quête du Souvenir Français

Le comité de Gagny du Souvenir Français organisera une quête à l’entrée des deux cimetières : cimetière du Centre et cimetière de l’Est le samedi 31 octobre et le dimanche 1er novembre.

Une cérémonie, en présence des élus, aura lieu le dimanche 1er novembre à 10 heures au cimetière du Centre.

À cette occasion, nous dévoilerons trois plaques d’identification pour des soldats de la Première Guerre mondiale dont les tombes n’étaient plus visuellement identifiables. Des recherches et une rencontre avec le conservateur nous ont permis de restituer leur identité et de rendre hommage dignement à ces Morts pour la France.

Nous remplissons pleinement en cela notre mission d’entretien et de transmission.

  • PRUVOT Albert
    287e régiment d’infanterie – sergent
    Tué à l’ennemi le 11 juin 1918, 33 ans
    Mort pour la France
  • LEVOLLE Marcel
    262e régiment d’infanterie – soldat
    Tué à l’ennemi le 11 juin 1918, 22 ans
    Mort pour la France
  • BOZEC Pierre-Marie
    105e régiment d’artillerie lourde – canonnier
    Mort suite de blessures de guerre le 7 mai 1918, 33 ans
    Mort pour la France

Nous vous rappelons que deux séances de nettoyage auront lieu au cimetière du Centre les 23 et 24 octobre le matin uniquement, vous êtes les bienvenus. Nous n’avons pas de tombe de soldat Mort pour la France au cimetière de l’Est.

Enfin, nous vous invitons à découvrir un film réalisé par l’ECPAD qui raconte le destin d’une tombe laissée à l’abandon dans laquelle sont inhumés trois frères Morts pour la France durant la Première Guerre Mondiale.

Vous trouverez ci-dessous les liens vers la vidéo.
Lien de la vidéo sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=s5BCZzzz5QQ
Lien de la vidéo sur Facebook : https://www.facebook.com/LeSFofficiel/videos/374605387048765

Libération de la ville de Gagny

Le Souvenir Français a participé le dimanche 30 août à la cérémonie de la Libération de la ville de Gagny à 11h30, place du Souvenir LCL Robert Taurand.


Toujours commémorés le dernier dimanche du mois d’août, les faits se sont déroulés le 27 août 1944, au lendemain du massacre de Oissery-Forfry où sont tombés (ou ont été faits prisonniers et déportés) 300 volontaires formant le bataillon ANY et commandés par Charles Hildevert.


Nous honorons par cette cérémonie la mémoire des hommes et des femmes qui se sont sacrifiés par des actes de résistance pendant la Seconde Guerre mondiale ainsi que nos soldats qui participèrent à la Libération comme le Lieutenant-Colonel Robert Taurand (son parcours).

Dépôt de gerbe par la Présidente et Michel Mathé, ancien combattant.

Merci à Mme Béatrice Laloi, fidèle porte drapeau pour sa présence.

Appel du 18 juin

De nouveau mais, espérons-le pour la dernière fois, la crise sanitaire nous empêche de nous retrouver afin de commémorer l’appel du 18 juin du Général De Gaulle.

« Le Gouvernement français a demandé à l’ennemi à quelles conditions honorables un cessez-le-feu était possible. Il a déclaré que, si ces conditions étaient contraires à l’honneur, la dignité et l’indépendance de la France, la lutte devait continuer.

Les Chefs qui, depuis de nombreuses années sont à la tête des armées françaises, ont formé un gouvernement. Ce gouvernement, alléguant la défaite de nos armées, s’est mis en rapport avec l’ennemi pour cesser le combat.

Certes, nous avons été, nous sommes submergés par la force mécanique terrestre et aérienne de l’ennemi. Infiniment plus que leur nombre, ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui nous font reculer. Ce sont les chars, les avions, la tactique des Allemands qui ont surpris nos chefs au point de les amener là où ils en sont aujourd’hui. Mais le dernier mot est-il dit ? L’espérance doit-elle disparaître ? La défaite est-elle définitive ? Non !

Croyez-moi, moi qui vous parle en connaissance de cause et vous dis que rien n’est perdu pour la France. Les mêmes moyens qui nous ont vaincus peuvent faire venir un jour la victoire. Car la France n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle n’est pas seule ! Elle a un vaste Empire derrière elle. Elle peut faire bloc avec l’Empire britannique qui tient la mer et continue la lutte. Elle peut, comme l’Angleterre, utiliser sans limite l’immense industrie des États-Unis.

Cette guerre n’est pas limitée au territoire malheureux de notre pays. Cette guerre n’est pas tranchée par la bataille de France. Cette guerre est une guerre mondiale. Toutes les fautes, tous les retards, toutes les souffrances n’empêchent pas qu’il y a dans l’univers tous les moyens nécessaires pour écraser un jour nos ennemis. Foudroyés aujourd’hui par la force mécanique, nous pourrons vaincre dans l’avenir par une force mécanique supérieure. Le destin du monde est là.

Moi, général de Gaulle, actuellement à Londres, j’invite les officiers et les soldats français, qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, avec leurs armes ou sans leurs armes, j’invite les ingénieurs et les ouvriers spécialistes des industries d’armement qui se trouvent en territoire britannique ou qui viendraient à s’y trouver, à se mettre en rapport avec moi.

Quoi qu’il arrive, la flamme de la résistance française ne doit pas s’éteindre et ne s’éteindra pas. Demain comme aujourd’hui, je parlerai à la radio de Londres. »

Général de Gaulle, appel du 18 juin 1940.

La gerbe du Souvenir Français sera déposée par deux élèves de CM2 de l’école élémentaire Émile Cote : Mandy et Sira. Elles furent mes élèves l’année dernière et je suis fière d’elles. Un grand merci à toutes les deux !

La Présidente

Commémoration du 8 mai

La date du 8 mai célèbre la victoire des Alliés sur l’Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe.

Dans le contexte de crise sanitaire actuel, tous les rassemblements sont interdits, mais cela ne doit pas nous empêcher de commémorer cet événement, même en « restant à la maison ».

Commémorer signifie « faire mémoire ensemble ». Dans cet esprit les Français, la République, s’unissent pour se souvenir, mais aussi pour rassembler leurs esprits et leurs forces.

Cette force est nécessaire face aux drames qui se jouent chaque jour dans nos hôpitaux, nos EPHAD ou dans nos maisons.

Habituellement, ce moment est propice pour enseigner en classe les vertus et le courage dont on fait preuve nos Résistants, nos soldats de la Libération. N’oublions pas que les pertes humaines pendant la Seconde Guerre mondiale sont de 60 millions de morts.

Nous saluons chaleureusement Monsieur Pierre Angenard, notre membre d’honneur âgé de 99 ans, qui participait au débarquement de Provence. Vous pouvez retrouver un article qui lui est consacré ici.

Aujourd’hui, sans porter atteinte à l’honneur de nos illustres combattants, je souhaite rendre hommage à ceux qui se battent pour anéantir l’ennemi invisible, le COVID-19.

De tout corps de métier, quel que soit votre engagement, nous vous saluons respectueusement.

Permettez-moi tout de même de citer quelques personnes qui œuvrent à nos côtés et qui prennent une part importante dans cette lutte :

  • Madame Béatrice Laloi, aide-soignante en poste à Noisy-le-Grand, porte-drapeau.
  • Monsieur Thomas Lemaire, étudiant-infirmier, en poste à Paris, webmaster du blog.

Ces deux membres du bureau sont engagés de par leur profession. Je tiens à honorer plus particulièrement le volontariat de Monsieur Michel Mathé (adhérent) au sein de l’hôpital de la Pitié-Salpêtrière à Paris. Il a répondu spontanément à une sollicitation de la FSALE afin de servir auprès de la morgue de l’hôpital. Il déclare faire cela au nom de son régiment. Vous pouvez retrouver sur ce blog un article consacré à son engagement militaire.

Michel Mathé, être para, ma fierté

« Monsieur Mathé, je vous félicite pour votre démarche. » Colonel Habourdin, DG de la FSALE

Exceptionnellement cette année, le Souvenir Français ne déposera pas de gerbe devant le monument aux morts, mais fera une donation à l’hôpital de Montfermeil afin de soutenir leur lutte. Madame Béatrice Laloi portera notre drapeau lors de la cérémonie en présence de Monsieur Cranoly, maire de Gagny et Monsieur Mathé représentera le monde combattant.

M. Mathé Pitié Salpêt
Michel Mathé en tenue-hôpital

Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation du 26 avril 2020

La loi n° 54-415 du 14 avril 1954, a institué le dernier dimanche d’avril comme «Journée nationale du souvenir des victimes et héros de la déportation.»

Il y a 75 ans, au printemps 1945, les soldats libérateurs découvraient plus de 700 000 hommes, femmes et enfants dans les camps de concentration d’Europe. Beaucoup d’entre eux n’ont pas survécu car leur état était trop dégradé mais ils sont encore plus nombreux à avoir péri auparavant…

La ville de Gagny a eu l’honneur d’abriter plusieurs de ces victimes. En 2018 l’UNC, section de Gagny, a organisé un voyage à Auschwitz-Birkenau. J’ai pu participer à ce moment de partage mémoriel et je vous propose aujourd’hui un texte écrit en hommage à deux Résistantes en lien avec notre histoire locale.

De Gagny à Birkenau (PDF)

La Présidente

Cérémonie du 19 mars 2020

Chers adhérents,

La cérémonie du 19 mars a été annulée cette année en raison de l’épidémie de coronavirus. À travers cet article nous faisons œuvre de devoir de mémoire.

Le 19 mars 1962, le Cessez-le-feu est proclamé en Algérie. Les combats ont commencé en 1954. Un cessez-le-feu ce n’est pas la fin de l’horreur, c’est la fin officielle des hostilités en période de guerre, selon la définition propre de ce terme.

Et pourtant, il faudra attendre 1999, soit 37 années, avant que l’Assemblée nationale adopte une proposition de loi reconnaissant officiellement la guerre d’Algérie.

La guerre d’Algérie a mobilisé plus de 1,5 million de jeunes appelés et, à ce titre, elle a profondément marqué toutes les familles françaises. En 1962, ils étaient encore 400.000 sur le terrain, âgés de 20 ans pour la plupart.

Gagny n’a pas été épargnée et parmi ces hommes, il y avait Michel Dailly, né le 1er avril 1939 et mort le 28 février 1961 à l’âge de 22 ans. Il était soldat de 1re classe au 2e régiment d’infanterie et son corps repose au carré militaire de Gagny.

Il y avait Ahmed Laouedj, né le 16 août 1939 et mort le 28 décembre 1960 à l’âge de 21 ans. Soldat de 2e classe au 8e régiment de spahis, son corps est resté en Algérie.

Ils font partie des 30 000 soldats français Morts pour la France au cours de la guerre d’Algérie.

La guerre d’Algérie fait désormais partie des livres d’histoire, mais par chance les participants sont nombreux à pouvoir encore témoigner, témoigner pour ceux qui ne sont plus là, témoigner pour eux-mêmes. Ne plus se taire, parler encore et toujours jusqu’au dernier. Sur ce blog nous publierons régulièrement des témoignages de Gabiniens.

Comme vous le savez peut-être je suis également enseignante et j’ai accepté de prendre en charge les enfants de parents soignants, ce qui me permet de me déplacer dans Gagny pour me rendre dans les écoles de regroupement. À ce titre j’ai donc été en mesure à 11 h 45 de déposer seule les gerbes du Souvenir Français et de la FNACA devant le monument aux morts.

dépôt de gerbes 19 mars

Afin de compléter cet article, je vous invite à voir ou revoir les documents suivants :

  • L’ennemi intime, un film de Patrick Rotman, éditions France 3 (documentaire avec de nombreuses archives de l’ECPAD).

« L’ennemi intime risque de laisser une forte empreinte à la fois dans l’histoire du documentaire historique et dans celle du débat sur la guerre d’Algérie. » Pèlerin Magazine

  • L’ennemi intime, un film de Florent Siri avec Benoît Magimel et Albert Dupontel, sorti en 2007.

Michel Mathé, être para, ma fierté

Ce n’est pas donné à tout le monde de porter le béret rouge.

Je me suis engagé à l’issue de mon année de service militaire à l’âge de 19 ans.

J’ai fait 5 ans au 17e RGP et j’ai participé à sept OPEX.

stèle démineur et pucelle du régiment.jpg
Stèle du démineur et pucelle du régiment

Lorsqu’on s’engage, il faut croire à beaucoup de choses. La vie de famille est forcément mise de côté et il y a souvent un divorce à la clé, parce qu’on n’est jamais là.

Pour ma part, j’avais un mot d’ordre à chaque opération, ne jamais laisser quelqu’un derrière. Dans tous les cas, ramener le personnel ou ce qu’il en restait…

groupe para
La plupart des hommes sur cette photographie ne sont plus là… Je suis le 2e accroupi à partir de la gauche.

Après cinq années à servir la France, j’ai choisi de suivre ma première épouse en Israël et c’est ainsi que j’ai rejoint l’armée israélienne dans laquelle j’ai poursuivi ma carrière militaire.

J’ai consacré ma vie à l’armée et le Dieu de la Guerre m’a épargné, je ne ferai ici état que d’une seule opération à laquelle j’ai participé, et au cours de laquelle je dois dire que j’ai laissé ma jeunesse. Ce fut au cours de ma 4e OPEX à Beyrouth lors de la guerre du Liban en 1983. (La guerre du Liban ou guerre civile libanaise est une guerre civile ponctuée d’interventions étrangères qui s’est déroulée de 1975 à 1990 en faisant entre 130 000 et 250 000 victimes civiles.) Notre rôle consistait à assurer la sécurité entre les musulmans et les chrétiens. Nous devions aussi déminer la ville entière, maison par maison, pierre par pierre.

déminage
Je suis en train de déminer, des civils passent à l’arrière-plan. C’était le quotidien.

II est 6 h 22, sur la position française «Drakkar», le 23 octobre 1983. Elle est installée dans un immeuble désaffecté de huit étages dans l’un des quartiers résidentiels de Beyrouth. Une compagnie d’une centaine d’hommes y est cantonnée et ils assurent la sécurité des populations du secteur.

Mes camarades et moi entendons un immense «boum», suivi d’un autre, quelques minutes plus tard. L’ordre est donné : « Vous partez sur Drakkar. » Nous avons ramassé les corps de nos camarades, 58 frères d’armes ont laissé leur vie dans cet immeuble en ruines qui fut littéralement arraché de ses fondations.

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Cérémonie aux Invalides le 2 novembre 1983.

Attentat du Drakkar à Beyrouth, Le Figaro

Après cela, on n’est plus tout à fait le même. Plus on perd de personnels, plus on devient violent et méchant et on ferait des choses qu’on ne ferait pas en temps normal. Malgré cela j’ai toujours réussi à garder une part d’humanité même lorsqu’il devenait difficile de croire encore dans le genre humain.

Le plus dur pendant les guerres, ce sont les enfants, je ne supporte pas de voir souffrir un enfant. À Beyrouth, les gosses se nourrissaient dans les poubelles, j’ai volé pour eux des rations quand j’étais de corvée. Je me suis fait prendre par mon adjudant (il est mort en Afghanistan). Il ne m’a pas sanctionné, mais je ne suis plus retourné sur les quais.

On pourrait croire que nous n’étions plus alors que des machines de guerre, mais c’est faux. La peur ne nous laisse pas de répit, le stress au combat est intense et après avoir vu autant d’horreurs, il est presque impossible de se réinsérer dans une vie normale. Nous avons brûlé notre vie par les deux bouts, mais sans aucun regret. Si c’était à refaire, je repartirais sur-le-champ.

Nous étions des gosses nous aussi.

20ans
J’ai 20 ans… Sur le site de Drakkar entre le 23 et le 25 octobre 1983.

On voulait se dépasser, montrer aux autres, à la famille, ce dont on était capable. Nous étions tous soudés, on réglait les problèmes ensemble. Une vie de militaire, c’est de la souffrance. Tu crois que tu ne peux pas, mais tu peux. Le prix est élevé, mais notre pays passe avant tout.

Le message que je veux faire passer aux jeunes c’est que rien n’est irréalisable dans la vie, mais il faut toujours savoir demander conseil.

Quand je suis devenu officier, mes hommes passaient avant tout, j’étais leur père, leur mère, leur grand-mère…

médailles

Chaque balle a une adresse, j’ai eu de la chance, je suis toujours là et je profite d’une vie de famille désormais heureuse. Je crois que j’ai toujours agi de manière juste.

« La justice sans la force est impuissante, la force sans la justice est tyrannique. »

Blaise Pascal

devant monument
Commémoration du 11 novembre 2019, place Foch à Gagny.

Michel Mathé est aujourd’hui âgé de 57 ans et se rend disponible pour toutes les cérémonies. Il est engagé auprès de l’UNC et du Souvenir Français.