La gare de Bobigny

La gare de Bobigny : lieu de mémoire de la déportation des Juifs de France.

La mairie de Bobigny organise régulièrement des visites de l’ancienne gare de déportation. J’ai pu réaliser cette visite le dimanche 31 mars 2019 avec l’accompagnement d’une guide très investie, Anaëlle.

Accessibilité : ligne 151, arrêt « Gare », Bobigny.

gare de bobigny

Le bâtiment de la gare ne se visite pas, il est en trop mauvais état. Pendant la Seconde Guerre mondiale, 6 familles de cheminots y logeaient. Une plaque a été apposée par la mairie de Bobigny pour rappeler le rôle de ce lieu dans la déportation de 22 400 Juifs (hommes, femmes et enfants) entre juillet 1943 et la Libération. Ce choix répondait, pour les nazis, à une nécessité de discrétion. Auparavant les convois partaient de la gare du Bourget.

plaque commémorative

Note sous photo : le convoi 73 était composé d’hommes en bonne santé à destination de Kaunas et Tallin. Ils furent contraints de déterrer les corps des fosses par balles, solution adoptée par les nazis avant le gazage (solution finale).

Le convoi était formé depuis le camp de Drancy, qui se trouve à trois kilomètres de là. Les personnes étaient transportées en bus. Chaque bus comptait 50 personnes qui venaient s’agglutiner dans un wagon à bestiaux. Un convoi déportait 1 000 personnes essentiellement vers le camp d’Auschwitz.

fresque maison des lampistes

Le trajet durait 53 heures. Un déporté recevait une miche de pain, un seau était disposé dans le wagon pour les besoins et un autre contenant de l’eau. Le taux de mortalité par convoi était de 10 à 15 %. Les gardes prévenaient : en cas d’évasion dans un wagon, une personne était désignée responsable du wagon et sa famille entière serait fusillée.

Il faut rappeler que 76 000 Juifs français ont été déportés et on estime entre 3 et 5 % le nombre de personnes ayant survécu aux camps. 45 000 ont emprunté l’itinéraire au départ du Bourget qui ne présente qu’une simple plaque commémorative…

photo carte déportation

Un homme détient un rôle fondamental dans la Shoah telle qu’elle a été organisée en France, il s’agit d’Alois Brunner. Il devient le directeur du camp de Drancy au cours de l’été 1943, il va réorganiser le camp afin de mettre en scène le départ des prisonniers en incitant en particulier le « regroupement familial », par son action il fut le maître d’œuvre de la « solution finale » sur notre territoire.

image

Brunner a réussi à fuir à la Libération, en prenant en otage un dernier convoi, le 17 août 1944. Il est parti pour la Syrie où il a vécu paisiblement jusqu’en 2001.

La ville de Bobigny, qui s’était déjà opposée à la destruction du site dans les années 90 souhaite désormais faire de ce lieu de mémoire un outil de transmission du devoir de mémoire. L’ancienne gare de marchandises devrait devenir un lieu de commémoration et d’exposition. L’exposition actuelle a été financée par la SNCF.

Nous ne pouvons que saluer cette volonté, car la Seine–Saint-Denis a une position centrale à tenir du fait de l’existence de plusieurs lieux de mémoire sur son territoire. Nous apercevons d’ailleurs depuis la gare de Bobigny le fort de Romainville où les Résistants étaient enfermés avant d’être fusillés au Mont-Valérien ou déportés.

gare de marchandises

Pour de plus amples informations, vous pouvez consulter le site suivant : garedeportation.bobigny.fr

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